Une comparaison entre RAW et JPEG

Dans le cadre des cours que je donne au club photo de l’IUT de Vannes, j’ai réalisé un petit comparatif sur les résultats obtenus en RAW et en JPEG pour des expositions volontairement fausses. En d’autres termes, comment le RAW et le JPEG réagissent-ils lors des corrections de luminosité « à postériori ».

Cet article vient en complément de l’article « RAW vs JPEG – lequel choisir ? » publié sur ce blog.

En analysant les résultats, nous allons constater que la gamme des rouges est plus difficile à gérer en JPEG qu’en RAW. D’autre part, j’ai eu la surprise de constater que les images sombres se récupèrent mieux que les images claires (du moins dans les extrêmes).

La méthode

La méthode utilisée est empirique. J’ai imprimé sur papier photo le cercle chromatique de Johannes Itten, sur une imprimante photo de qualité mais non calibrée.

J’ai ensuite calé mon appareil photo Pentax K5IIs sur pied et j’ai photographié la feuille en lumière naturelle, en RAW+JPEG, en faisant varier le compensateur d’exposition de -5 à +5.

J’ai ensuite cherché, par le module de développement de Lightroom, à m’approcher le plus possible du résultat obtenu pour la compensation 0 en RAW, qui m’a servi de référence.

Premier résultat : Les rouges sont difficiles à gérer en JPEG

Sur la photo prise sans compensation d’exposition, je remarque une différence dans la gamme des rouges.

Comparez les deux images ci-dessous, le rouge orangé du JPEG ci-dessous tire beaucoup plus sur le rouge.

On comprend pourquoi la gestion der dégradés de rouges est plus difficile en JPEG, par exemple pour les photos de fleurs.


Les images comparatives

Ci-dessous nous allons constater que la récupération d’un fichier RAW mal exposé est possible de – 5 EV à + 4 EV, et que la récupération d’un fichier JPEG est possible de – 3 EV à + 3 EV avec apparition de bruit dès – 3 EV ou + 3 EV.

Notons aussi qu’une image très sombre est plus facilement récupérable qu’une image très claire. (Inverse des idées reçues).

Compensation + 2

Sur l’image ci-dessous, la compensation est à + 2, en RAW à droite et en JPEG à gauche.

La gamme des rouges des rouges est toujours faussée en JPEG mais la récupération du JPEG fonctionne correctement.

Faites varier le curseur !

Compensation -2

Sur l’image ci-dessous, la compensation est à -2, en RAW à droite et en JPEG à gauche.

La luminosité du JPEG est plus faible mais pourrait être remontée facilement. J’ai accordé la luminosité sur les fonds.

Résultat acceptable en JPEG.

Faites varier le curseur !

Compensation – 3

À une compensation de -3, le JPEG reste exploitable nais on commence à avoir du bruit (voir les zones rouges.

Faites varier le curseur !

Compensation – 4

Passons à – 4

La récupération du JEG est encore possible (limite) mais voyons le détail du grain apparu qui devient très important.

Faites varier le curseur !

Compensation – 5

Juste pour aller aux extrêmes : Le RAW reste lisible sans avoir la prétention de faire une belle photo.

Faites varier le curseur !

Compensation + 5

Toujours aux extrêmes : Le RAW n’est plus exploitable.

Faites varier le curseur !

En guise de conclusion : Repousser les limites

Nous avons constaté que la récupération d’un fichier RAW ne posait pas de problème jusqu’à plus ou moins 4 EV. Pourquoi ne pas en profiter pour repousser les limites de l’appareil ? Dans une ambiance sombre, et sans trop monter les ISO, on peut gagner 4 EV en vitesse pour éviter les flous de bougé. Bien sûr, l’image paraîtra noire sur l’écran de l’appareil car celui-ci fournit un JPEG de contrôle, mais une fois devant son logiciel de développement, la lumière reviendra comme par magie.