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Utiliser ou non le mode M : un débat récurrent. - Patrick Lecouffe

Utiliser ou non le mode M : vaste débat.

Résumé :

Ce qui est important dans une photo, c’est le cadrage. Le mode M est souvent utilisé par les débutants, mais pour de mauvaises raisons. Il a son utilité dans des situations très précises, mais certainement pas pour les photos de tous les jours du commun des mortels.
Avant de se focaliser sur le mode M, je conseille de s’attacher à bien comprendre le triangle d’exposition, la compensation de l’exposition et la lecture de l’histogramme.

Faut-il utiliser ou non le mode M (manuel) ? La question posée dans une assemblée de photographes déclenche habituellement une avalanche d’avis contradictoires. Dans le langage Internet, on pourrait presque appeler cela un troll.

Il y a donc le pour et le contre et pour ma part, je penche (très fort) vers le contre !

Utiliser ou non le mode M

Recentrons le débat : Qu’est-ce qui est important dans la photo ?

Je ne parle pas de la sauvegarde qui est et restera la priorité des priorités (bel exemple de prétérition).

Voici une petite maxime que je sers tous les jours à mes stagiaires : Une photo n’est terminée que lorsqu’elle est imprimée (ou publiée).

Devant une photo terminée, se demande-t-on si elle a été prise en Manuel, si elle a été prise en 5 secondes ou en 15 minutes et avec quels réglages ?

Non, le plus important est le cadrage. Prendre son temps pour composer la photo (cf. b.a.-ba de la photographie), ne penser qu’à cela, oublier le reste. La meilleure façon de commencer à progresser est donc de se mettre en automatique.

Les automatismes sont très performants.

Les appareils photos sont pourvus de logiciels de plus en plus performants. Lors d’une prise de vue, en une fraction de milliseconde, l’image est comparée avec des milliers d’images stockées dans le logiciel et l’appareil décide d’appliquer le meilleur réglage. Pourquoi s’en priver ? Le résultat est souvent meilleur que si on avait passé du temps à régler soi même son exposition.

Une expérience amusante :

Mettez-vous totalement en automatique puis photographiez un paysage avec un ciel clair en visant un objet particulier. Refaites exactement la même photo en tenant l’appareil à l’envers, ciel en bas. Vous n’obtiendrez pas le même résultat ! Preuve que vous avez trompé l’appareil qui n’a pas su gérer le fait d’avoir un ciel en dessous du paysage. Preuve encore qu’il y a bien eu un calcul logiciel. L’appareil a peut-être cru qu’il s’agissait d’un lac en premier plan.

L’attirance des débutants pour le mode M.

Tous ces boutons, tous ces réglages disponibles… Il est logique qu’un débutant éprouve devant cette technologie de pointe divers sentiments comme la curiosité, l’inquiétude, l’attirance ou le rejet. Il regarde avec admiration ses amis photographes jongler avec les différents modes en se demandant s’il en sera capable un jour.

Je remarque souvent une tendance des débutants – pourvu qu’il soient à l’aise avec les affaires techniques en général – à photographier en mode M (manuel). C’est une erreur. Je suppose qu’il est question de se sentir dans la cour des grands, voire de frimer un peu (je vais me faire assommer dans les commentaires), mais croyez-moi, c’est plutôt le contraire. Les pros n’utilisent le mode M que lorsqu’il est utile (j’y reviens en fin de cet article).

Une fois passés par cette phase du mode M à tout prix, les débutants qui n’en sont plus vraiment reviennent à des modes plus pratiques (A, S, T).

Le triangle d’exposition.

La réussite de l’exposition d’une photo tient surtout à la compréhension du triangle d’exposition. En deux mots, il s’agit de comprendre que plus l’ouverture est large, plus la lumière passe et que moins longtemps elle est ouverte, moins il y a de lumière sur le capteur. (J’oublie volontairement la troisième pointe du triangle qu’est la sensibilité.)

C’est la maîtrise de ce triangle d’exposition qui fera une photo bien exposée. Je ferai un article à ce sujet dans quelques temps, vous trouverez s’il le faut beaucoup de références sur le net, par exemple dans cet article.

Une bonne chose pour approcher ce triangle d’exposition est justement d’utiliser le mode M. Alors oui, dans une optique d’apprentissage, le mode M est très utile, mais de là à systématiser, non.

Utilité du mode M (manuel)

  • Aide à la compréhension des mécanismes de l’exposition.
  • En studio.
  • Pour les panoramiques (assemblage de plusieurs photos) : Pour mesurer la luminosité au centre du sujet afin de ne pas avoir de différences d’exposition entre les différentes parties de l’image.
  • En focus-stacking (augmentation artificielle de la profondeur de champ par superposition de dizaines de photos qui doivent être de même exposition).
  • J’ai utilisé le mode M pour photographier la variation de luminosité lors d’une éclipse. (Pas mal comme cas particulier, n’est-ce-pas ?)
  • J’en oublie certainement, dites-le moi en commentaires.

Avant le mode M, il faudrait être à l’aise avec plusieurs choses :

Plutôt que de se focaliser sur le mode M, il serait plus utile de se fixer sur deux choses importantes :

Compréhension de la compensation d’exposition.

Compensation d'expositionCette dernière est utile pour forcer l’appareil à exposer différemment. Par exemple, pour un paysage de neige, l’appareil va penser que le sujet est sur-exposé et va donc proposer de baisser la lumière, donnant une photo grise. Il convient alors de compenser l’exposition en sur-exposant manuellement.

J’en conviens, ce n’est pas logique à première vue, on surexpose les photos de neige et on sous-expose les photos d’intérieurs sombres. Cela en trouble plus d’un au départ.

(Bon pour un prochain article !)

Lecture de l’histogramme

un histogramme

Une autre chose à maîtriser avant de songer au mode M : la lecture de l’histogramme qui renseigne sur l’exposition de la photo, avec le fameux « Histogramme calé à droite » dont nous reparlerons. Une fois la photo prise, on regarde l’histogramme et éventuellement on recommence en jouant sur la compensation d’exposition pour obtenir un bon histogramme.


Donc, oubliez le mode M, commencez par le mode automatique et restez-y autant que vous le voudrez.

Les commentaires sont là pour donner vos arguments pour et contre.

EDIT :

En complément du commentaire de Marc, voici un montage de 35 photos – banales j’en conviens – prises avec un intervalle de temps de 5 minutes, pour illustrer les variations de luminosité lors de l’éclipse du 20 mars 2015. Ce montage aurait été impossible si je n’avais pas été en mode M pour bloquer les réglages d’exposition.

Variation de luminosité lors d'une éclipse