Crédit photo : Patrick Lecouffe

Sélectionner des photos (Résumé de l’article)

Composer un album photo oblige à opérer une sévère sélection de ses photos. J’explique ici comment je m’y prends pour composer mes albums de famille annuels.

Sélection de photos : Introduction

Les photos ne sont réellement dignes de ce nom qu’une fois imprimées (publiées, exposées, affichées, partagées…). Vos plus belles photos de famille, stockées dans un disque dur, un téléphone ou un appareil-photo ne sont que des fichiers informatiques qui n’ont de valeur que pour vous.

Il y a plusieurs façons de montrer ses photos, mais immanquablement se pose la question de la sélection. N’êtes-vous jamais lassé quand un ami, sur son smartphone, fait défiler des séries de photos similaires ?

Mais sélectionner n’est pas toujours facile et je voudrais vous donner quelques conseils, en m’appuyant sur la réalisation de mes derniers albums photos.

Sélection pour réaliser un album photo

Depuis longtemps je réalise chaque année un album photo retraçant l’année écoulée. Après plusieurs essais, mon choix s’est porté sur une paire d’albums grand format, d’une cinquantaine de pages, avec trois ou quatre photos par page. Je fais imprimer cela par un service d’impression web.

Concrètement, mon choix s’est porté sur 365 photos imprimées en deux albums d’une cinquantaine de pages, de format 30 cm x 30 cm.

Par expérience, je sais que ce format et cette quantité de photos correspondent bien aux attentes de mes amis. En effet, ils savent que l’ouverture d’un album ne les entraîne pas dans quelque chose de trop long (souvenir amusé des séances de diapos de voyage un peu longuettes). De plus, deux personnes peuvent consulter les albums simultanément puisqu’il y a deux livres disponibles.

Ci-dessous, quelques-uns de mes albums

Quelques albums photos

Sélection des photos : Difficultés

Besoin de logiciel

Couverture album 2020-01
Album photo 2020 – première partie : Confinement début 2020, des ciels d’une pureté absolue

Si vous n’en aviez pas conscience, le tri et le choix sont des activités humaines très difficiles. Cela peut prendre beaucoup de temps et l’utilisation d’un logiciel gestionnaire de photos est d’un grand secours. Pour ma part j’utilise le module bibliothèque de Lightroom CC (et un tableur). Il y a d’autres possibilités mais ce n’est pas le lieu d’en parler, en tout cas, il est nécessaire de bien maîtriser son outil.

Définir l’objectif

Le but de la sélection peut être de concevoir une exposition, une galerie web, un livre photo (album de mariage, de voyage, annuel…) et la façon de procéder peut varier un peu.
Ce dont je parle ici correspond à la fabrication d’un album photo et non pas à la mise en place d’une exposition. Pour l’album photo, je sélectionne par suppression à partir du stock initial complet alors que pour une exposition ma méthode serait plutôt d’ajouter des photos en partant de zéro.

Quelques écueils

Éviter l’affectif

Trainée d'avion
Album photo 2020 – première partie : Le 11 avril 2020, le premier avion de retour dans le ciel

Il va falloir éviter que l’affectif n’influe trop dans le choix. Le temps est pour cela un allié utile. Laissez mûrir vos photos, laissez passer un ou deux mois avant d’y revenir.
Ne passez pas trop de temps lors des séances de tri dont nous allons parler ci-dessous. Il pourra en effet se produire ce que j’appellerais des « biais d’habituation ». J’entends par là que lors d’une série de photos assez moyennes, une photo un tout petit peu meilleure peut nous sembler sublime. De même, on peut s’habituer à un défaut récurrent dans une série, un excès de contraste par exemple, et mal juger une photo parfaite qui du coup finira aux oubliettes.
Pour éviter cela, je conseille de se forcer à jongler sur toute la bibliothèque, passer d’une date à l’autre, d’un dossier à l’autre, pour aider notre esprit à rester le plus neutre possible.

Exclure les mauvaises photos ?

Les mauvaises photos ne seront pas à exclure d’office. Certaines resteront importantes à titre de témoignage. Je prends l’exemple d’un ami de passage dont nous avons fait une photo floue. Avons-nous ailleurs dans notre stock une meilleure photo de cet ami ? Doit-on supprimer cette photo floue au risque de perdre le souvenir de ce moment lorsque nous consulterons l’album dans cinq ou dix ans ?

La chronologie

Je ne suis pas un maniaque de la chronologie. J’essaie de la respecter, mais je n’hésite pas à la trahir si l’agencement des photos me convient davantage, ne serait-ce que pour une question de couleur ou de thème.

Ma méthode

Fixer une quantité

Je conseille de se fixer dès le départ une quantité à atteindre.
Cette quantité peut se calculer en fonction du prix de revient, par exemple cinq cents photos réunies dans un album à raison de quatre photos par page, soient cent vingt-cinq pages, reviendraient à une centaine d’euros, avec un tarif promotionnel.
Mais le prix n’est pas le seul élément qui doit guider votre choix. Pensez qu’on a souvent tendance à en mettre trop. À vous de choisir entre moins de photos mieux mises en valeur et plus de photos entassées.
Une fois la quantité déterminée, nous allons commencer le tri.

Un premier tri rapide

Je commence par nettoyer rapidement le stock en filtrant les doublons, les séries prises en rafales ou réalisées pour du focus-stacking, les photos vraiment trop mauvaises (encore que…), les photos qui n’ont rien à faire dans l’album, etc.

Plusieurs passes

Il me reste alors quelques milliers de photos que je vais filtrer en plusieurs passes, réduisant la quantité totale d’environ 20 % à chaque fois. Je sais que pour un album je n’y arriverais pas autrement, mais je rappelle que pour une exposition ce serait différent.

Une approche globale

Approche non linéaire

Je qualifie la méthode de globale parce que pour chaque passe le travail de sélection ne va pas être linéaire. Je ne commence pas par le début et ne termine pas par la fin, je passe joyeusement du coq à l’âne, pour éviter l’aspect fastidieux, répétitif et pour inscrire en mémoire récente une vue générale (globale) des photos représentatives de l’année écoulée.

Faire des groupes

Pour cela, avec Lightroom, ou un tableur, ou en papier crayon, ou par copie de dossiers Windows, je vais constituer des groupes en fonction de critères qui me semblent logiques. Cela tombe bien, tout au long de l’année j’assigne des mots-clés selon les circonstances de prise de vue.
Ceci fait, je dispose, de quelques centaines de groupes répertoriés dans une feuille de tableur. Les groupes sont nommés, datés et les quantités sont indiquées. En moyenne, les groupes contiennent une quinzaine de photos, les plus importants en contiennent une centaine, certains ne comportent qu’un seul élément.

Astuce : Je fabrique rapidement ma liste de centaines de groupes en exportant des mots clés Lightroom CC et en ré-important dans un tableur.

La sélection à l’intérieur des groupes

Ensuite, groupe par groupe mais en commençant par les plus gros, je commence la sélection en supprimant (filtrant) une bonne partie des photos. L’astuce est de faire une sélection beaucoup plus draconienne pour les gros groupes que pour les petits. Chacun applique sa méthode, personnellement, dans mon tableur, j’indique une quantité idéale à obtenir, et pour cela j’applique une formule mathématique sur la quantité de photos du groupe.

Ma formule à base de logarithme, à rentrer dans un tableur : B1=ARRONDI(3*LN(A1+1);0)-1

Par exemple, si le groupe contient de une à quatre photos je les garde toutes, s’il en contient dix, j’en supprime quatre, s’il en contient vingt, j’en supprime douze, s’il en contient cinquante, j’en supprime trente-neuf.

Fin de la première passe

Comme je le disais plus haut, une fois tous les groupes passés en revue, la quantité de photos restantes a idéalement diminué d’environ 20 %.
Après cette première passe, et avant de recommencer, je modifie un peu les groupes pour essayer d’en réduire le nombre’ je regroupe les groupes (sic !). Je m’autorise quelques atteintes à la chronologie pour regrouper quelques photos du même thème.
Bien sur, les règles que je m’impose ne sont pas strictes, elles servent de guide.

Prendre son temps

Et surtout, (je sais, j’ai l’air d’insister) je laisse passer un peu de temps entre chaque passe. Une ou deux journées pour libérer l’esprit et revenir avec un œil neuf.

Passes suivantes

L’avantage du système de passes, c’est qu’il rend l’élimination de belles photos moins douloureuse. Au cours du tri, vous allez souvent tomber sur des photos magnifiques que vous tiendrez vraiment à garder. Vous vous direz « Celle-là, je la garde absolument ! ». Puis une ou deux passes plus tard, lorsque vous retomberez dessus, et parce qu’elle correspondra moins à vos critères du moment, vous n’aurez aucun mal à l’écarter.
Après quatre ou cinq passes, la quantité visée est atteinte.

Fabrication de l’album

Album photo 2020 - deuxièmepartie
Album 2020 – Deuxième partie : Le maitre mot : Distanciation sociale

Bien que ce ne soit pas le sujet de cet article, je voudrais donner quelques indications rapides sur la fabrication de l’album photo web.
Attention au choix de la qualité des albums. D’un type à l’autre il peut y avoir de grosses différences. Choisissez parmi les meilleures qualités.
Comme je le disais en début d’article, mes albums sont en format 30 cm x 30 cm et contiennent une cinquantaine de pages (25 feuilles). Toujours en moyenne, je dispose 3,5 photos par page, certaines photos occupant une page entière, voire deux pages pour les panoramiques avec une quantité maximum de six par page.
Avant la vérification préalable de la qualité des photos, il convient de charger les profils ICC de l’imprimeur en ligne (s’ils sont disponibles bien sur).
Certains imprimeurs web proposent une fonction d’amélioration automatique des photos. Si vous avez retouché et peaufiné vos photos, il faut impérativement la désactiver.
La fabrication de l’album en ligne peut prendre du temps, je compte une dizaine d’heures par album, soient vingt heures pour mes deux albums annuels.
Pour finir, attendez les promotions. En cette mi-janvier, j’ai pu avoir 60 % de réduction et obtenir ainsi mes deux albums pour moins de 90 euros.

Huitre et bonnet de père Noel
Noel 2020 – Fete macabre